(25 novembre 2016)

(CRITIQUE) « La nuit ne dure pas » (2016) de Dani, un best of éclatant :

Avec sa voix insaisissable, Dani revient nous caresser. Octobre 2016 l’a vue publier un recueil élégant de titres supervisé par Etienne Daho, La nuit ne dure pas, que Bulles de Culture vous présente aujourd’hui.

Dani peu présente médiatiquement
mais…

Dani n’a hélas pas eu tout l’espace qu’elle méritait dans le paysage médiatique franco-français le mois passé. A côté du CD de reprises de M. Pokora My Way (en hommage à Claude François) et de "Joanne" de Lady Gaga, il y avait son best of "La nuit ne dure pas" qui déboulait sur les étalages des magasins de disques. Deux concurrents de taille pour celle qui a su préserver son aura d’icône inclassable au fil des ans et des rencontres. Peut-être est-ce donc un choix de ne pas être allée défendre ces madeleines de Proust devant une pléthore d’animateurs télé et radio.

Une effluve très accueillante

Mieux vaut avoir un esprit punko-romantique pour écouter d’une traite ce disque ultra fluide. Très bien organisé, il ouvre aisément tous les tiroirs de la carrière florissante de Dani. A l’écoute de ces morceaux, on redécouvre tour à tour une rockeuse, une crooneuse et surtout une amoureuse de l’art. Un disque très agréable et délectable aux instruments organiques, aux paroles qui abordent la vie. On retrouve, dès la seconde place, Comme un boomerang, le duo immanquable avec Etienne Daho… son cher ami d’ailleurs crédité à la direction artistique de ce projet. Au passage, il lui offre également trois titres inédits.

La nuit ne dure pas est une résolution double car un livre du même nom a été publié chez Flammarion avec le sous-titre « Souvenirs ». Dani y raconte et y ressuscite un temps où l’art se confondait avec la vie. A l’heure où tout se consomme vite et où les artistes qui se brûlent les ailes ne se comptent plus, il est d’autant plus agréable de redécouvrir ce qu’on peut vraiment appeler « une oeuvre ».


(Dimanche 30 octobre 2016 03:01)

Dani : « La nuit, on l’a parfois dans le cœur »

Dani, 72 ans, sort un très joli livre de souvenirs et une compilation de ses albums.© Claude Gassian

Si sa carrière est restée un peu en marge, la chanteuse-comédienne Dani revient avec un livre de souvenirs et une compilation de ses chansons. En plus, elle tourne un film.

Avant d’entamer l’entretien, qu’on a décidé de découper en simples mots, Dani demande si on peut aller à l’extérieur, dans le jardin de cet hôtel de la rue de Rivoli. C’est une grande fumeuse…

Livre. « Ce livre (La nuit ne dure pas), ce n’est pas une autobiographie, mais des souvenirs revenus comme des Polaroid, que j’ai plaisir à partager, à raconter… Pour mes enfants, petits-enfants, copines… C’est un objet qui reste, comme les disques. »

Disque. « La nuit ne dure pas est aussi une compilation sur laquelle j’ai travaillé avec Étienne Daho, qui m’a fait réenregistrer trois des chansons. Il a refait le mastering des autres pour donner une cohérence à l’ensemble. »

Film. « Aujourd’hui, je tourne Carbone avec Olivier Marchal, l’histoire d’une énorme fraude à la TVA sur le carbone. Comme actrice, je n’ai jamais eu de plan de carrière. Du coup, je n’ai pas eu de film sur les épaules, j’ai toujours été invitée. C’est très confort. Et je l’ai surtout été par des gens qui faisaient du cinéma d’auteur. » …

Recueilli par Michel TROADEC.   Ouest-France


Publié le 23/10/2016 à 09:00

Dani : «Donnez-moi le frisson !»

Musique

L'artiste au trait nerveux revient en grâce cet automne/Photo Claude Gassian -Flammarion

Dani, l'éternel retour. Treize ans après son dernier disque, la fille du chausseur de Perpignan montée à Paris dans un train de nuit revient avec un livre de souvenirs au présent et un album, puis il y aura un film et une tournée. «Diseuse» plus que chanteuse, l'héroïne (sniff) de toutes les «aventures», du nom de sa discothèque des années 70, est une figure d'optimisme et de tolérance, et une voix que tant d'auteurs veulent graver sur leurs chansons.

Voix fumée, ponctualité souriante, Dani fait «le service après-vente» de son livre et bientôt de son disque. «Par respect pour les équipes qui ont travaillé avec elle». Elle le mérite aussi.

«La nuit ne dure pas», c'est votre vie écrite au présent ?

Oui, je trouvais bien de le mettre au présent, ce sont des souvenirs, comme des Polaroid, mais je ne sais pas écrire, c'est Marie-Rose Guarnieri, une formidable libraire qui a su trouver mes émotions et comment je voulais les dire. C'était une expérience assez incroyable, on a rigolé, on s'est engueulé, on a pleuré. On s'est vu un peu tous les jours depuis trois ans, elle est venue à Perpignan voir comment était ma ville.

Un livre, un disque aussi, c'est une nouvelle étape ?

Etape, je ne sais pas, je continue, je regarde devant, j'ai toujours des projets, je commence lundi le film d'Olivier Marchal sur l'arnaque à la taxe carbone. C'est un rôle très sympa, et après il y aura la scène, je passerai par Toulouse et évidemment Perpignan.

Perpignan est votre ville, vous êtes pourtant une incarnation de la Parisienne depuis des décennies...

Oui on dit que dans plein de domaines, les gens qui sont arrivés sont des provinciaux. D'ailleurs, le goût de découvrir Paris ne m'a jamais quitté, c'est la plus belle ville du monde, le jardin des Tuileries en face de chez moi est mon coin préféré, et la tour Eiffel me fascine toujours, elle est tellement intrigante ! Mais Perpignan reste mon jardin secret.

Savez-vous qu'on manifeste à Perpignan contre la suppression du train de nuit ?

Oui j'ai vu, c'est le train que j'ai pris il y a 50 ans pour monter à Paris et il va s'arrêter. Tant pis, mais maintenant il y a le TGV, je pars de Paris à 10h et j'arrive vers 15h, c'est quand même pas mal non ?

Pour ou contre l'appellation Occitanie-Pays catalan ?

Ah oui, moi je suis catalane, toujours sang et or, j'ai le caractère, la passion. J'y ai mes amis, Jo Maso (ancien rugbyman), et mes piliers d'amitié, Françoise et Henri Quinta (des Toiles du Soleil), je les aime très fort.

A 19 ans, vous faites la Une de Jours de France, vous devenez mannequin, puis vous chantez et Truffaut vous fait tourner, la chance est avec vous ?

Alors ça, la chance. Mes parents voulaient que je me marie, moi je voulais avoir plein d'enfants, leur faire l'école, et puis j'ai fait autre chose, sans savoir que ça durerait aussi longtemps. En arrivant à Paris, j'étais très libre, c'était l'insouciance, l'impatience, le culot peut-être. Je me suis présentée comme ça chez Jours de France, juste en passant devant, le genre de choses que je n'oserais même pas faire aujourd'hui.

Aviez-vous un plan de carrière?

Non, et justement c'est ce qui m'a permis de toucher à tant de choses. Quand je m'embarque dans quelque chose c'est 1, parce que ça me plaît, 2, parce que je serai exacte dans le job. Pour le cinéma je n'ai jamais rien demandé, j'ai toujours été invitée, mais je n'ai jamais eu non plus à porter un film sur mes épaules. Je suis fasciné par les réalisateurs, ces gens qui ont un film dans la tête !

La malchance vous poursuit aussi, la mort de Pompidou annule votre passage à l'Eurovision, votre affaire de roses qui vous échappe...

La chance va avec la malchance. Avec les roses par exemple, je n'ai pas vu venir les choses, je ne suis pas une femme d'affaires et j'ai été escroquée. «Au nom de la rose», c'était moi et je me suis fait jeter, ça m'a beaucoup blessée, ça m'a pris un bout de mon âme, mais les échecs douloureux donnent aussi de la force.

Arrivée à Paris, vous faites une fixation sur des cuissardes bordeaux, pourquoi ?

Oui, je les avais vu au magasin de mon père à Perpignan, un représentant les lui avait montrées. Je m'étais dit, celles-là je les aurais un jour ! Dès que j'ai eu un peu d'argent à Paris, je suis allée me les acheter chez Jourdan. Je les ai toujours, quelque part dans un carton !

Vous achetez toujours un ticket de loto avec la monnaie des cigarettes ?

Oui, et je fume toujours bien sûr. Moi et les interdits, à l'âge que j'ai (71 ans)... La transgression m'a toujours attirée, et pas qu'à moi j'espère. On est dans une société où faut pas faire ci, faut pas faire ça, mais bon, faut oser, être rebelle, impossible n'est pas possible !

Vous n'avez pas une énorme discographie, et pourtant 150 auteurs ont écrit pour vous !

Ah vous les avez comptés, moi je n'ai pas eu le courage ! C'est des chansons, ça dure trois minutes, ça va vite. Je ne suis qu'une interprète, j'en ai écrit trois ou quatre, et encore avec l'aide d'Etienne (Daho) parce qu'il sait bien le faire et qu'il m'a drivée, mais c'est difficile d'écrire une chanson, c'est un vrai talent.

D'interpréter aussi, de faire sienne une chanson, comme ce «boomerang» qu'on se prend parfois dans la figure ?

C'est ça, Serge (Gainsbourg) avait dû bien cerner l'histoire. Boomerang, il me l'a écrite en 1975 et elle fait un carton en 2000, c'est l'évidence qu'une bonne chanson est intemporelle. Ecoutez «La vie en rose», elle donne toujours le frisson, chantée par Edith Piaf ou par Grace Jones.

La dernière chose que vous avez refusée?

Des chansons. Je suis très franche avec les chansons, si je n'ai pas le frisson, c'est non.

(Recueilli par Pierre Mathieu)



"La nuit ne dure pas" : Dani luit toujours d'une lumière inépuisable

Par : Dominique PARRAVANO. Paru le 13/10/2016 (mis à jour à 10:07:23)

Comme un boomerang, la rose noire de la chanson, impératrice du chic chanté, fait son come-back en convoquant 18 de ses titres pour ses 50 ans de carrière. Un best-of haute couture qui déroule un tapis rouge aux morceaux de ses auteurs-compositeurs de cœur. Une plongée intime dans le répertoire clair-obscur de ses quatre derniers albums avec Etienne Daho en bâtisseur de passerelles.

Revoilà Dani. Tendre et frondeuse, canaille et sophistiquée, espiègle et sage, blanche et noire, angélique et démoniaque. Quatre lettres d’un prénom devenu nom qui disent la hardiesse de celles qui ne suivent que leur instinct. La force de celles qui ne redoutent pas de vivre. Une vie accomplie, multiple et multipliée, brûlée sans souci d’économie : une longue suite d’attachements, de voyages sans escale et d’allers et retours.

Cinquante ans de carrière pour cette figure de la chanson-rock des années “yé-yé”, au parcours pas docile, fait de boums et de bangs et surtout au talent ductile, tour à tour muse de chanteurs cultes (Daho, Gainsbourg, Daniel Darc, Alain Chamfort, Alain Souchon…) ou illuminant la pellicule de Vadim, Chabrol, Lautner, Claire Denis, Jacques Doillon ou encore Truffaut dans l’oscarisée La nuit américaine mais aussi meneuse de revue à l’Alcazar, mannequin pour Vidal Sassoon, égérie de Warhol ou Helmut Newton, rosiériste rive gauche et héroïne éternelle des noctambules. Et, ce n’est pas un hasard du coup si cette noctambule a baptisé son best of qui célèbre ses 50 ans de chansons La nuit ne dure pas, jolie phrase de "Rouge rose", magnifique déclaration baudelairienne de Daniel Darc, autre écorché vif comme elle et qu’elle magnifie. Car,  pour Dani, "C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière" pour paraphraser Edmond Rostand.

Une compilation qui sonne comme un nouvel opus, convoquant 18 titres de ses compositeurs ou hommes de paroles de prédilection (Gainsbourg, Daniel Darc, Alain Chamfort, Jacques Duvall, Pierre Grillet, François Bernheim, Jean-Jacques Burnel, le bassiste des Stranglers ou David André). A commencer par le premier d’entre tous : son complice Etienne Daho qui assure ici la direction artistique et dont elle esthétise le titre "Etoiles et revers", écrit et composé en 2003 sur son album Tout dépend du contexte. "D'un instant à l'autre, le vent du sud va tourner / Pour tout me reprendre et tout me ramener / Ce n'est rien / Presque rien". Dans son clip, réalisé par Antoine Carlier, Dani invite l'actrice Lou Lesage à prendre ses traits dans une ambiance sixties.

Au cours de la déambulation de ses 18 titres finement choisis dans ses quatre derniers albums (N comme never again, Tout Dépend Du Contexte, Laissez-moi rire, Le Paris de Dani) des deux dernières décennies, on refait le chemin en sa compagnie : "Boomerang", en duo avec Etienne Daho, chanson plaquée or de la résurrection, le chaloupant "Un être humain à Paris", l’exquis "J’voudrais que quelqu’un me choisisse" ("J'voudrais que quel'qu'un me choisisse Que quelqu'un m'aime avant qu' j' moisisse Qu'un garçon vaillant accomplisse Ce p'tit exploit : vouloir de moi"), l’électrique "Et Pourtant", "Côté cour" où elle chante avec une lucidité coupante son regard sur la vie, son émerveillement pour la ville Lumière ("Les Paris", "Nos rendez-vous"), le coup de cric rock "Qu'est-c't'as Qu'est-c't'as pas ?" mais aussi les pépites que sont "Trois petites larmes", "J’suis pas comme toi", la délicieuse saynète azurée "Reine d'Autriche" d’Alain Chamfort ou encore "Tout est à vous", "Cette histoire commence" et le somptueux "N comme Never Again" ciselée avec The Stranglers sur son passé sulfureux.

Une sélection de titres qui ne se contente pas ainsi d’aller puiser dans la collection de tubes. Exit du coup la période 60-70, période "Garçon manqué" et "Papa vient d'épouser la bonne", à l’exception de deux titres réorchestrés et réenregistrés : "La vie à 25 ans" (Y’a pas de mal à se faire du bien) paru en 1974 de Christine Fontane, qu’elle devait interpréter à l’Eurovision avant d’y renoncer à cause de la mort de Georges Pompidou et le touchant et émouvant "Vive l’enfance", sorti en 1969 ("Et puis un soir je me suis envolée / Je ne pouvais plus vivre enterrée /Entre le buffet Henry III/ Et les mots croisés de Papa /Fallait tout mettre à la brocante /Vive l'enfance").

Autant de titres moins sensibles à l’air du temps qu’aux variations climatiques, grêlant sa pop ombrageuse d’un spleen hypnotique ou théâtralisant habilement la complexité de l’éternel féminin. A l’écoute de ces morceaux, on redécouvre Dani tour à tour rockeuse, crooneuse ou punk avec ses ballades étoilées ou mélancoliques, son goût du rock, des nuits noires et sa rogne malicieuse et ironique. Ici, les mélodies et les arrangements sont distingués, d’une enchanteresse luxuriance, sobres écrins d’un timbre que le temps a magnifié. Avec le temps, la voix de brune délavée aux blondes de Dani a pris une patine singulière, à coup de nuits blanches et d’années noires. On est ici entre l'ombre et la lumière de sorte qu’une fois encore on mesure que décidément Dani, faite d’urgence, a des reflets de diamant brut. Est-ce les blessures à jamais refermées en elle qui fondent son art si bouleversant ? En tout état de cause, ce nouvel opus agit sur nous comme un baume émotionnel. 

Ecoutez son nouvel album grâce à notre partenaire Deezer :


Magazine "Gala" - N° 1219 - 19 octobre 2016


La chanteuse Dani avec des roses et des notes

(16 octobre 2016)

Elle publie à la fois un livre de confidences et un nouvel album très minimaliste. À l'image de cette figure de la nuit parisienne : entre fragilité et déconnection.                             

Adieu batterie, violon, trompette… Lors de son «Show case» à la Nouvelle Eve, où elle présentait son nouvel album (Mercury/Universal) et son livre de mémoires, Dani a fait minimaliste. Simplement accompagnée d'une guitariste, avec qui sa complicité était flagrante, l'ex-égérie yéyé a fait merveille. Elle semblait être à son meilleur, la voix est toujours aussi grave et aussi profonde. Elle ose des confidences avec un livre du même nom que son album, «La nuit ne dure pas», qui paraît chez Flammarion. Tour à tour comédienne, vendeuse de roses, figure de la nuit parisienne et joueuse de casino, la perpignanaise fascine toujours. Étienne Daho au premier chef, qui l'a d'ailleurs épaulée pour la réalisation du disque. Au fil de sa carrière en dents de scie, les aléas ne l'auront pas épargnée. L'Eurovision lui file deux fois entre les doigts ; d'abord annulé à cause de la mort du président Pompidou, on l'y refuse l'année suivante en raison du texte de la chanson Comme un boomerang écrite par Gainsbourg. Rien qui n'aura pu altérer son énergie.



DANI revient avec un album et une autobiographie

       Mis à jour le 10/10/2016 à 11H42, publié le 10/10/2016 à 11H39

Dani sort un nouvel album et une autobiographie

Dani sort un nouvel album et une autobiographie

© Miguel Medina / AFP
 

Son magnétisme androgyne a séduit les plus grands depuis 1963, de François Truffaut à Helmut Newton, en passant par Serge Gainsbourg et Etienne Daho, l'égérie rock et comédienne Dani est de retour avec un best of et une autobiographie : "La nuit ne dure pas".

"La nuit, on n'est pas les mêmes. C'est un espace incroyable de liberté. Malheureusement, la nuit ne dure pas, mais elle est magique !", assure à l'AFP l'ex-reine du "Paris by night" des années 1970, aux commandes alors de L'Aventure, night-club branché, version française du mythique " Studio 54 " de  New York.
 
Surnommée la "Marianne Faithfull française" pour son parcours chaotique et sa voix envoûtante, Dani, 72 ans tout juste, a connu un joli come-back en 2001 avec la chanson "Comme un boomerang", une chanson écrite et composée pour elle en 1975 par Serge Gainsbourg mais restée dans les tiroirs.

Un album avec Etienne Daho en coulisses

Sous le charme de Dani, Etienne Daho l'incitera à ressusciter le titre. Pour ce nouvel album (Universal), dans les bacs mercredi, avec plusieurs titres réenregistrés, le chanteur est en coulisses en tant que directeur artistique avec "Etoiles et Revers (Ce n'est rien)", "Rouge Rose" initialement écrite pour elle par Daniel Darc ou "La Vie à 25 ans", titre créé par Dani en 1974.
 
"Y'a pas d'mal à s'faire du bien / La vie c'est du cinéma / Qu'on ne regarde qu'une fois / Pourquoi bouder son désir", chante-t-elle avec la même fougue,  tour à tour rockeuse, crooneuse et même punk.
 
"Etienne a choisi les chansons, comme des bijoux. Il est mon petit frère. Je ne peux rien faire sans lui en parler. Son regard est juste, ses conseils sont précieux", confie-t-elle.
 
"Est-ce qu'on m'a choisie ou est-ce que c'est moi qui ai choisi ? Va savoir !", s'interroge Dani dans son autobiographie à paraître mercredi chez Flammarion.

"A fond" dans tout ce qu'elle fait

" J'ai rencontré sur ma route des gens extraordinaires. C'est peut-être la chance, je ne sais pas...", raconte-t-elle à l'AFP. " A mes débuts, j'étais dans l'inconscience totale. Espérant poser pour des  photos de mode, j'ai frappé à la porte de Jours de France, le seul magazine qu'on lisait à Perpignan avec Elle. Je n'oserais pas le faire aujourd'hui...",  dit-elle. La semaine suivante, elle fait la couverture.
 
"A l'époque, les choses n'étaient pas aussi cadrées qu'aujourd'hui. C'était une époque généreuse, où les choses évoluaient vers la liberté ", estime Dani.
 
Dix ans plus tard, Truffaut la choisit pour le rôle de Liliane dans "La Nuit américaine", Oscar 1974 du meilleur film étranger.
 
"Cinéma ou chanson, je suis à fond dans tout ce que je fais", assure-t-elle. "Je n'ai aucune nostalgie. Je vis dans mon temps avec des choses merveilleuses et d'autres moins bien."
 
Dani refuse le titre d'icône: "Le dictionnaire dit qu'une icône est un symbole doré et figé. Je ne serai jamais figée, c'est clair ! J'ai toujours des désirs. Je ne me vois pas m'arrêter malgré mes 72 ans. Et puis, cela m'a toujours plu d'être rebelle! ".

Bientôt, un rôle dans une comédie policière

En 1987, Dani a raconté sa descente aux enfers dans " Drogue la galère" (éditions Michel Lafon). Trente ans après, l'égérie yéyé a " la sensation de faire du rabe".
 
" J'ai eu la chance encore une fois d'être bien entourée. C'est très dur de se débarrasser des paradis artificiels. La drogue, c'est comme un toboggan, sans savoir si ce sera bien ou pas à l'arrivée ", dit-elle.
 
Dans quelques semaines, Dani  va rejoindre le tournage du prochain film d'Olivier Marchal, une comédie policière dont elle a décroché l'un des principaux rôles : "Cela me touche et m'épate que l'on pense encore à moi pour des choses comme ça."
 
Dani  "aime le présent" et encore plus les lendemains radieux. Tous les matins, elle ne résiste pas à jouer au Loto "avec la monnaie des clopes ". " Je suis partante pour tout, et je rêve encore de prendre le train de Perpignan de 20h55", avec lequel elle est montée à Paris à l'âge de 19 ans.


[NOUVEAU CLIP OFFICIEL] Eternelle Dani !

(Le 26 septembre à 13h24 par Lindep.fr | Mis à jour le 26 septembre)

Dani, la plus "parisienne" des catalanes, revient avec un nouvel album « La nuit ne durera pas », dans les bacs à partir du 14 octobre prochain. PHOTO/AFP François Guillot

Il est des artistes qui marquent les esprits... Auxquels l'on s'attache et que l'on attend au détour d'un nouveau titre, épiant ses gestes, fredonnant ses airs, guettant son actualité. Dani est de ceux-là. Elle qui a imprimé une trace indélébile en forme de coeur - rebelle et anti conformiste - dans la planète rock hexagonale. Une voix à la fois grave et sucrée, érodée, modelée par quelques excès, quelques verres et quelques volutes de fumée… Ces petits écarts qui rapprochent parce qu'ils donnent à leurs auteurs ce brin d'humanité essentiel qui manque tant dans un monde qui se veut aseptisé et policé.

Il y a six ans maintenant, Dani nous chantait son Paris dans le bien nommé album « Le Paris de Dani ». Elle revient aujourdhui avec un nouvel opus intitulé « La nuit ne durera pas ». Une galette ciselée avec sa bande de copains ; Etienne Daho, l'ami de toujours, en assurant la direction artistique.


L'album égrenne les textes de ses auteurs compositeurs préférés, dit-elle. Le tout premier clip de l'album déjà en ligne nous met l'eau à la bouche. Il présente le titre « Etoiles et revers » (Une réalisation d'Alain Carlier avec l'actrice Lou Lesage qui prête son physique à la voix de Dani).

Très prochainement, on retrouvera notre icône catalane sur grand écran dans le dernier long métrage d'Olivier Marchal et en librairie avec une autobiographie à paraître le 12 octobre. Quant à l'album promis, il faudra attendre deux jours plus tard (le 14 octobre) pour pouvoir s'en mettre plein les esgourdes. On trépigne déjà d'impatience.


(23 septembre 2016)


Avec son dernier titre, dani nous prouve qu'elle est immortelle

Au bout du téléphone, la voix grave de Dani. Sur l'écran, son nouveau clip – magistral – réalisé par Antoine Carlier. En exclusivité sur i-D. Rencontre avec une reine.

Comment expliquer la sensation que provoque la voix de Dani au bout du téléphone ? Les premiers mots suffisent à soulever le souvenir - et le désir aussi. Un ton grave dans lequel résonne toute une légende. La légende Dani. Celle qui a sublimé le rock français, les mélodies claires obscures qu'on lui connaît, ses textes puissants, son aura punk et son élégance imperturbable. Sa voix ! Embrumée par quelques whiskies de trop et par quelques millions de cigarettes, consommés en compagnie d'autres rois comme Daniel Darc, Etienne Daho, Chamfort dans le Paris décadent des années 1980. Ce Paris, Dani lui déclarait tout son amour dans son album Le Paris de Dani sorti il y a six ans. Aujourd'hui, elle fige sa voix - inchangée, immaculée - sur un nouvel album, La nuit ne durera pas.


Au téléphone, Dani explique : "Le titre est tiré d'une chanson de Daniel Darc, Rouge Rose. On peut le prendre comme on veut ce titre. Il peut référer à la nuit et au jour, à la lumière et à l'ombre. Il peut aussi évoquer la nuit qu'on a parfois dans le cœur, dans l'âme, dans la tête. Qui finit toujours par partir." Un titre plein d'espoir et des mots qui rassurent. Cet album, Dani l'a sculpté dans l'intime accompagnée de ses amis proches. "Dans cet univers on passe de l'ombre à la lumière constamment. Quand on crée on est dans l'intime dans le confidentiel avant de tout partager. Il faut que ça plaise. Il faut que les gens n'aiment pas aussi, c'est pas grave. Ces moments d'intimité j'ai la chance de les passer avec des gens que j'aime beaucoup, que j'admire. Voilà, ça sort comme des souvenirs. Ceux de ma vie." La direction artistique de l'album a été confiée à son âme sœur musicale, son ami de toujours, Etienne Daho. Lorsqu'elle l'évoque, la voix de Dani devient encore un peu plus chaude, prend le temps de développer chaque syllabe. De respirer entre chaque mot. "Ma relation avec Etienne c'est la fidélité, c'est l'admiration, celle que je porte à son regard sur la musique, sa façon de la penser. Sa façon de créer un peu de légèreté dans ce monde" confie-t-elle. Un album qui rassemble les textes des auteurs-compositeurs préférés de Dani, ceux qui tiennent une place incontestée dans son "patrimoine du cœur." Sur ces textes, la chanteuse projette des images. "J'ai été gâtée par les auteurs-compositeurs. L'album rassemble les gens qui font partie de mon patrimoine du cœur. Ils écrivent des petits films à chaque fois. Moi je projette des images."

Des images comme au cinéma et comme celles que l'on retrouve dans le tout premier clip de l'album pour le titre Etoiles et Revers, réalisé par Antoine Carlier, d'une simplicité et d'une justesse désarmante. De la bouche d'une jeune fille (la jeune actrice Lou Lesage) sortent les mots et la voix de Dani. Sur un tabouret, seules ses lèvres rouges et pulpeuses s'agitent dans une atmosphère très sixties. On ne peut que penser à Dani jeune. "Pour moi c'est une œuvre. Un plan séquence atemporel, qui ne bougera jamais. Comme les grands plans séquence du cinéma. Et s'il dérange tant mieux." explique la chanteuse. On lui retrouve alors son côté punk, dark mais pas trop. Cet amour pour la marge qu'elle partage depuis toujours avec les enfants terribles de la chanson française. "J'aime bien quand les gens sortent des sentiers battus, j'aime quand ils se baladent à la marge. Quand les artistes déçoivent ou déplaisent, ils se passent quelque chose. Ils provoquent. Je suis peut-être un peu punk. En tout cas j'aime bien ce mot. Il évoque plein de choses. C'est un mouvement qui a inspiré la mode, qui a dérangé les Anglais quand ils étaient trop corsetés. C'est bien. C'était une violence provocatrice et créatrice." Et qu'est ce qu'on aime la violence de Dani.

On la retrouvera bientôt sur grand écran, dans le prochain film d'Olivier Marshal et dans une autobiographie à paraître le 12 octobre. Son album, lui, sortira deux jours plus tard, le 14 octobre exactement.

Texte : Micha Barban-Dangerfield


Magazine "Figaro madame" - N° 22 4226 - Vendredi 16 septembre 2016


UN LIVRE ET UN DISQUE POUR DANI - (24 juin 2016)


(LP/Frédéric DUGIT.)

Elève des Beaux-Arts, meneuse de revue à l'Alcazar, mannequin, chanteuse, comédienne pour Truffaut et Chabrol, fleuriste... Combien de vies a eu Dani ? A 71 ans, celle qui fut la muse de Gainsbourg, Chamfort, Souchon et Daho - avec qui elle a triomphé grâce à « Comme un boomerang » en 2001 - ressort de l'ombre. Elle revient le 12 octobre avec un récit autobiographique puis le 14 avec une nouvelle compilation, toutes deux intitulées « La nuit ne dure pas ». Le disque comportera trois versions inédites, dont celle d'«Etoiles et revers (Ce n'est rien)», une chanson écrite avec Etienne Daho en 2003, qui sortira en single le 1er juillet.


La chan­teuse et comé­dienne de 71 ans conti­nue sa carrière. (Lundi 27 juin 2016 à 10:40)